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"BREST
express" de Jean Le Goualch

Mosaïque du seuil sur le trottoir

le
réverbère d'entrée

L'entrée
de la grande salle de bal et de banquet


Site
du collectif du P'tit Jardin http://petit.jardin.free.fr/
Un
peu de littérature !
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EN
PISTE
"...
Au moment où il allait balancer son poing contre la glace, une
voiture de police freina à leur hauteur. Les six filèrent
à toutes jambes. La sirène se lança à leur
poursuite. "Merde, merde, merde", soufflait le futur marié.
Les autres avaient disparu. Il fonça entre le musée et la
bibliothèque où la voiture de police ne pourrait pénétrer.
Il dévala un escalier, poussa une porte, descendit un second escalier
et se laissa tomber à terre dans une cave. Il faisait parfaitement
noir. Il écouta. Silence. Il appela doucement. Pas de réponse.
Au bout de quelques minutes, il osa enfin allumer son briquet. De grands
poteaux de bétons montaient jusqu'à la dalle au-dessus de
sa tête. Tout autour de lui, ce n'étaient que fondations,
pans de murs de vieilles pierres, des restes de maisons et peut-être
même une rue, une rue de l'ancien Brest dont le poète a prétendu
qu'il ne restait rien. Il tourna quelques instants en rond, hébété
comme un de quarante-quatre devant sa maison éventrée, son
quartier sinistré et ses souvenirs concassés. Elle était
donc vraie, la légende de la ville engloutie. Pour parfaire le
travail des bombes, on avait bien envoyé les bulldozers combler
les rues de mauvaise vie, enfouir les bordels et le souvenir des filles
en maison. "Du passé faisons table rase" chantaient alors
les rouges et les ouvriers de l'Arsenal les jours de grève et de
colère. Les urbanistes goguenards les avaient pris au mot. Table
rase de la mémoire canaille de la ville, table rase de la place
de la Médisance, table rase des bals du Petit
Jardin, du Bois de Boulogne et de la rue du Moulin à
Poudre. Table rase des baignades populaires sur la plage de Saint-Marc.
Culbutons les talus dans les fossés et le surplus à la mer.
Pressons ! Pressons ! Le temps presse ! Il faut construire des maisons
pour les Bretons en baraques. Et s'ils doivent rester pauvres, qu'au moins,
grâce à la guerre enfin, ils deviennent honnêtes !
Pauvres fous
! Pauvres fous d'architectes rêvant une ville nouvelle dont ils
seraient à jamais les maîtres. Pauvres naïfs de croire
qu'en enfouissant les pierres on peut tuer la mémoire. C'était
compter sans les gens et la géographie secrète de leurs
cerveaux. C'était compter sans la piste qui réinvente dans
la ville nouvelle les chemins anciens que les moralistes bétonneurs
rêvent toujours d'effacer. Prévert s'est trompé, il
en serait le premier réjoui. Il reste tout de Brest puisqu'il reste
les Brestois et leurs pistes secrètes. Il reste tout de Brest.
Et Barbara..."
D"après
une nouvelle de Dominique Lemaire
Brest, le 17 Octobre 1998
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Ouest
France 23 novembre 2007
Un
incendie se déclare fin juin 2008 !
C'est la fin du P'tit Jardin !

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